Polnische Vorstellungen über die Ostgrenze 1919

Note der von Roman Dmowski angeführten Delegation auf der Friedenskonferenz in Paris vom 3. März 1919

Modul
Zweite Polnische Republik
Sprache
Französisch

Les frontières de l'Etat polonais au moment du premier par­tage (1772) suivaient au Sud-Est la ligne du Dnieper, puis vers le Nord elles dépassaient le Dnieper et au Nord-Est elles allaient au delà de la Dvina.

Le territoire polonais annexé à l'Empire russe au cours des trois partages comprend les gouvernements de: Kovno, Vilno, Grodno, Minsk, Mohylov, Vitebsk, de Volhynie, de Podolie et de Kiev (sauf la ville de Kiev et ses environs), sans compter la Courlande, qui jusqu'au dernier partage (1795) restait un fief de la Pologne. La partie Nord de ce pays qui reçut sous l'administration russe le nom officiel de "Pays de Nord-Ouest" comprend les six gouvernements lithuaniens et blancs-ruthènes de Kovno, Vilno, Grodno, Minsk, Mohylow, Vitebsk. Ces terres formaient l'ancien Grand-Duché de Lithuanie qui au XIVe siècle se rattacha libre­ment à la Pologne, pour devenir depuis 1569 une partie intégrale de l'Etat polonais unie dans un seul parlement. Grâce à son incorporation à l'Etat polonais, les vastes territoires de Lithuanie et de Ruthénie qui au Moyen Age avaient été divisés en petites principautés avec une faible population tantôt païenne, tantôt chrétienne orientale, devinrent un pays de civili­sation occidentale polonaise. Les couches supérieures de la population du pays, tout ce qui était au-dessus de la masse des paysans, adoptèrent la langue, les mœurs et la nationalité polonaises; et même les masses paysannes qui conservèrent l'usage de leurs dialectes: lithuanien, blanc-ruthène et ruthène, finirent par se pénétrer de la loyauté envers l'Etat polonais.

Ainsi dans la dernière insurrection polonaise contre la Russie, en 1863, les paysans lithuaniens des gouvernements de Kovno et Vilno prirent une part beaucoup plus active que ceux du Royaume de Pologne.

L'effort du gouvernement russe qui avait entrepris envers les Polo­nais une politique d'oppression et de destruction, se concentra prin­cipalement sur ce pays. Surtout depuis 1864, tout un système de lois exceptionnelles très rigoureuses fut mis en œuvre contre le polonisme, et en même temps le gouvernement russe suscita parmi les paysans de langue lithuanienne et ruthène une forte propagande antipolonaise. Cette propagande fit naître chez le peuple lithuanien (vers les années 1880) des tendances séparatistes envenimées de haine envers la nation polonaise.

Dans les terres blanc-ruthènes et ruthènes les menées démagogiques des agents russes, en voulant implanter le sentiment national russe, excitaient les masses populaires contre les classes supérieures et plus riches. Cela n'aboutit nullement à l'affermissement du patriotisme russe mais prépara un terrain propice pour l'anarchie et pour le bolchevisme. Le seul succès indiscutable de cette politique antipolonaise fut l'affaiblis­sement considérable de l'influence polonaise, surtout dans la zone orien­tale du pays qui au moment des partages avait un caractère fonciè­rement polonais. Cette zone qui comprend le gouvernement de Kiev, la partie orientale de la Podolie et de la Volhynie, la partie orientale du gouvernement de Minsk, les gouvernements de Mohylow et de Vitebsk, devint un pays politiquement désorganisé: l'influence russe n'a pas remplacé l'influence polonaise et le peuple sans chefs intelligents, sans éducation et sans respect des lois est très accessible à toute propagande anarchiste.

Il n'existe pas dans ce pays un élément assez fort et assez capable pour organiser un gouvernement stable.

C'est la raison pour laquelle l'Etat polonais ne revendique pas, quoique à regret, cette zone orientale du pays. La réincorporation de ces provinces dans la Pologne détruirait sa cohésion et sa solidité qui lui est très nécessaire vu sa situation géographique très difficile.

En même temps, comme le mouvement national lithuanien, bien que très jeune, a fait néanmoins des progrès considérables, le gouverne­ment polonais considère que le pays de langue lithuanienne: gouver­nement de Kovno, une partie du gouvernement de Vilno au Nord-Ouest de la ligne Troki, Swięciany, Jeziorosy, une partie de gouvernement Suwalki (Royaume de Pologne) au Nord de Seyny, enfin une partie de la Prusse Orientale comprenant le cours bas et l'embouchure du Niémen, doit être organisé comme un pays distinct dans les limites de l'Etat polonais et devrait recevoir un régime spécial, basé sur les droits de la nationalité lithuanienne.

Des principes ci-dessus énoncés résulte la frontière Nord-Est, Est et Sud-Est de l'Etat polonais comme suit: commençant par la côte baltique à l'Est de Labiau, la frontière suit la côte vers le Nord, par Memel et Polangen. Polangen se trouve aujourd'hui dans le gouvernement de Courlande, dans lequel il fut incorporé avec ses environs en 1841; il appartient au territoire de la Pologne. L'Etat polonais le revendique et étend la revendication de la côte jusqu'au Nord de Libau par des raisons géographiques et économiques renforcées par le fait que la moitié de la population de Libau est polonaise et lithuanienne.

Partant de la côte, au Nord de Libau la frontière suit à l'Est la ligne de la limite historique de 1772 entre la Pologne et la Courlande. Elle la suit jusqu'au district d'Illukst en Courlande. Ce dernier district est revendiqué par la Pologne, à raison de sa situation géographique et de la prépondérance de l'élément polonais dans sa population. Ici la frontière suit la limite du district d'Illukst jusqu'au fleuve de Dvina, et passe à sa rive droite (gouvernement de Vitebsk) pour suivre vers l'Est, parallèlement au fleuve à une distance de ca. 30 kilomètres jusqu'aux limites du district de Drissa, en englobant celui-ci ainsi que le district de Polock. Elle passe au Sud-Ouest de Horodek, elle retourne sur la rive gauche de la Dvina à ca. 30 kilomètres à l'Ouest de Witebsk et continue vers le Sud passant à l'Ouest de Sienno jusqu'au point où elle rencontre les limites entre les gouvernements de Minsk et de Mohylow; suit la ligne de ces limites vers le Sud jusqu'à la Berezyna, où celle-ci touche aux limites Nord du district de Rzeczyca, puis traversant la Berezyna, elle suit dans la direction Sud-Ouest jusqu'à la Prypet' à l'Est de Mozyr. Ensuite, en traversant la Prypet', elle suit la ligne de délimitation entre les districts de Mozyr et de Rzeczyca, puis en allant toujours vers le Sud-Ouest elle passe à l'Ouest des villes d'Owrucz et de Zwiahel en Volhynie et arrive jusqu'au point où se rencontrent les limites des districts de Zaslaw, d'Ostrog et de Zwiahel.

Ensuite se dirigeant vers le Sud, la frontière suit les limites Est du district de Zaslaw et celle du district de Stary Konstantynow jusqu'au point où elle rencontre les limites des districts de Latyczow et de Ploskirow en Podolie ; de là, toujours vers le Sud, elle rejoint près de Zinkow la rivière d'Uszyca et suit son cours jusqu'au Dniester, qui forme ici la frontière Sud entre la Pologne et la Roumanie.

Ainsi le territoire revendiqué par l'Etat polonais sur ses limites orien­tales comprend dans sa partie Nord le pays de langue lithuanienne qui pos­sède de 15-25 % dépopulation de langue polonaise; plus au Sud, le territoire avec une majorité de population de langue polonaise dont le centre est Vilno. Puis vers le Sud il embrasse les marais de Polésie avec une population clairsemée parlant le polonais, le blanc-ruthène et le ruthène, enfin tout au Sud, le territoire de Volhynie avec une petite partie de la Podolie occidentale où habite une population parlant en majorité la langue ruthène, mais où une forte minorité polonaise représente la force intellec­tuelle et économique du pays.

Paris, le 3 Mars 1919.

Quelle
Note sur les frontières orientales de la Pologne, in: Akty i dokumenty dotyczące sprawy granic Polski na konferencji pokojowej w Paryżu 1918-1919, cz. 1 Program terytorjalny delegacji [Akten und Dokumente betreffend die Grenzfragen Polens auf der Friedenskonferenz in Paris 1918-1919, Teil 1 Territoriales Programm der Delegation], hrsg. v. Sekretariat jeneralny delegacji polskiej, Paryż 1920, S. 125-133. 
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Erstellt
04.07.2011 
Zuletzt geändert
19.05.2017 

Es wird empfohlen, die Quellen stets in der Originalsprache zu zitieren.

Note sur les frontières orientales de la Pologne, in: Herder-Institut (Hrsg.): Dokumente und Materialien zur ostmitteleuropäischen Geschichte. Themenmodul "Zweite Polnische Republik", bearb. von Heidi Hein-Kircher. URL: https://www.herder-institut.de//digitale-angebote/dokumente-und-materialien/themenmodule/quelle/8/details.html (Zugriff am )